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13-07-2014
Brujitafr
Publié le 14-02-2013 10:15 0 3

Scandale alimentaire : peut-on encore faire confiance au contenu de nos assiettes ?

image © A.Drean - Fotolia.com Tromperie ou complot international, de la viande de cheval à la place du bœuf fait scandale au Royaume-Uni, en France, en Roumanie et aux Pays-Bas. Ne serait-il pas temps de revoir le processus de traçabilité de la viande, de sa transformation et des contrôles. Le scandale va-t-il aider à mieux protéger les consommateurs ? L'affaire Findus

Jeudi 7 février, l'autorité britannique de sécurité alimentaire annonce avoir détecté, lors de tests inopinés sur des plats préparés de la marque Findus, de la viande de cheval (à plus de 60%). Problème ? Ces produits étaient censés contenir uniquement de la viande de bœuf.

Dès le lendemain, la société Findus retire 3 plats préparés congelés des rayons. Ces trois produits avaient tous été transformés dans la même usine de la Société française Comigel.

Au fil du week-end, le scandale galopant, Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix, Picard, et Système U se sont empressés de retirer de nombreux produits surgelés : des lasagnes aux spaghettis bolognaises en passant par le hachis Parmentier. Les Britanniques et les Suédois ont fait de même. De quoi installer un véritable climat d'anxiété chez les consommateurs.

Pas de quoi en faire tout un plat ?

De leur côté, les industriels tentent de rassurer, en spécifiant que la viande de cheval n'est pas un aliment dangereux pour la santé. Les politiques tendent à minimiser le problème, à l'instar de Benoit Hamon, ministre délégué chargé de la Consommation : « L'alerte des autorités britanniques ne vise pas une question sanitaire mais une tromperie » a-t-il déclaré au journal Le Parisien, avant d'évaluer le préjudice total à 300 000€.

Cependant, les services vétérinaires ont été saisis par le ministre de l'Agriculture « pour savoir si la viande concernée contenait ou non des antidouleurs ou des antibiotiques, qui peuvent, à haute dose, avoir des effets sur l'homme. » a-t-il ajouté. Y aurait-il alors un risque ?

Pourquoi en sommes-nous arrivés-là ?

Ne sommes-nous pas en droit de savoir ce que nous mangeons ? D'accéder à une information exhaustive pour choisir en toute connaissance de cause le contenu de notre assiette ? Ce nouveau scandale sanitaire instaure un climat anxiogène et secoue une nouvelle fois les consommateurs, qui ne savent plus à quels aliments se vouer.

Il remet en cause des problèmes de traçabilité de la viande, de sa transformation et des contrôles faisant défaut. Après la vache folle ou encore le poulet à la dioxine, comment de tels scandales peuvent encore éclater ?

• Trop de transformations : le minerai de viande, c'est-à-dire les chutes de viandes (après découpes des morceaux nobles) plus la graisse conditionnées sous vide ou congelées, est acheté par des traders, avant d'être revendu pour être transformé dans les plats préparés par d'autres sociétés.

• Un marché trop grand, trop d'intermédiaires : grâce aux étiquettes de traçabilité, il a rapidement été possible de retracer le parcours de la viande : transformée en plats préparés par Comigel (Moselle), elle a été fournie par la société Spanghero (Aude), elle-même rattachée à la coopérative Lur Berri (Pays basque), ayant acheté la viande surgelée à un trader chypriote, ayant sous-traité à un courtier hollandais, s'étant fourni auprès d'un atelier de découpes situé en Roumanie. De quoi s'y perdre ! Même si chaque maillon de la chaine est dans l'obligation d'assurer la traçabilité par un dispositif d'étiquetage obligatoire (provenance, date d'abattage, mode de conservation), la complexité du circuit international enraye la machine.

• Aucune obligation de renseigner sur l'origine de la viande : contrairement aux morceaux de viande de bœuf à la pièce (pour la volaille et le porc il faudra attendre 2014), pour lesquels l'indication d'origine est indispensable suite au scandale de la vache folle, pour les produits transformés, l'opacité est totale. Les industriels n'ont aucune obligation d'afficher l'origine, seule la mention « transformé dans l'UE ou hors UE » (sans précision du pays) est nécessaire. Sans obligation, on imagine mal les sociétés faire l'effort de le spécifier, car cela pourrait nuire à leur image (avec une viande importée de pays perçus comme non sûrs par l'opinion publique), si le consommateur venait à avoir cette information.

• Système de surveillance à améliorer. D'une part, rigueur oblige, de moins en moins de fonctionnaires qualité sont affectés à la surveillance. D'autre part, les tests ont été réalisés de manière inopinée par les Britanniques, qui ont diffusé l'information il y a un peu moins de 8 jours, alors que l'affaire pourrait remonter à août 2012. Pourquoi ce délai ? Processus à revoir !

Quelles suites ?

Une inspection de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes vient d'être lancée chez Comigel et Spanghero. En Roumanie, les autorités sanitaires mènent en parallèle une enquête sur les exportations de viandes. Les premiers résultats devraient être connus dans la journée.

La société Findus a, quant à elle, porté plainte contre X. Findus Nordic s'attaque à Comigel, qui s'apprête à son tour à demander réparation pour le préjudice subi auprès de ses fournisseurs. Mais pendant que les industriels s'attaquent de leur tour d'ivoire respective, 2 perdants semblent faire la course à reculons : les éleveurs qui ne peuvent avoir aucune connaissance sur le devenir des animaux, et le consommateur à qui l'on continue de cacher la vérité... alors que c'est lui qui ingurgite ces produits.

A quand alors une traçabilité complète, obligeant les industriels à spécifier l'origine des matières premières et les transformations successives ? Peut-on savoir ce qui se cache dans nos assiettes ? A cette question, le gouvernement va s'y attaquer... mais pas sûr qu'il fasse le poids face aux lobbies de l'agro-alimentaire ! source

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