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31-07-2014
Guineelibre
Publié le 19-08-2012 20:02 0 2

La notion de "Crime contre l'humanité" vu de la Guinée

imageAprès le sinistre Sékou Touré et ses camps de la mort, dont le plus célèbre demeure pour l'éternité le Camp Boiro avec plus de 50.000 suppliciés, après les massacres et viols au Stade du 28 septembre en 2009 et ses 150 victimes dénombrées par les organisations internationales de défense des droits de l'homme, les crimes impunis de Siguiri, Nzérékoré, Ratoma, Kérouané et ailleurs dirigés contre la communauté peuhle entre les deux tours de l'élection présidentielle, dont on ne connaitra jamais le nombre exact de victimes des sbires du RPG en Haute Guinée et en Guinée forestière, ce parti successeur officiel du PDG selon son leader Alpha Condé, la Guinée voit encore ses fils assassinés par ses "Forces de défense et de Sécurité".

Lesquelles FDS sont sous l'autorité directe du Président de la République, Ministrede la défense et des forces armées.

Les demandes de manifestations contre le crime sont lancées un peu partout, et si les auteurs sont connus, c'est-à-dire l'armée, son chef, le président de la République ministre de la défense en l'occurrence est soit ignoré dans la quasi-totalité des déclarations, soit carrément félicité par d'autres.

Beaucoup de nos compatriotes, parents de victimes parfois, n'y voient aucune contradiction. Au nom de "la concorde et de l'unité nationale" et autres fadaises, ils refusent aussi de voir que ceux qui crient au loup aujourd'hui (intellectuels forestiers, Jean-Marie Doré, etc.) s'étaient tus et pudiquement détournés des massacres commis quand leurs parents n'étaient pas victimes, à fortiori quand ils étaient les auteurs de crimes anti peulhs.

Sur ce point précis, nous ne serons jamais d'accord au nom d'une prétendue solidarité ou fraternité.

Le fait serait pourtant constitutif d'un crime contre l'humanité. Nous avons donc cherché à avoir une définition exacte et précise ce terme, n'étant pas juriste.

Selon le Code pénal Français:

Un crime contre l'humanité est une violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un individu ou d'un groupe d'individus. Inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ».

Ce sont des crimes imprescriptibles par leur nature c'est-à-dire qu'ils peuvent être jugés sans aucun délai dans le temps.

Articles 211-1 et 212-1 du code pénal.

En 1945 le tribunal de Nuremberg, chargé de juger les chefs nazis, définit ainsi le crime contre l'humanité: "assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs raciaux ou religieux lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du tribunal" (1)

" Ce n'est pas le nombre qui fait le crime contre l'humanité , même si l'indignation qu'il a déclenchée est à l'origine de l'élaboration du texte, conséquence des protestations des gouvernements alliés des 13 janvier et 18 décembre 1942 et de la déclaration de Moscou. Il faut donc aller chercher ailleurs la raison pour laquelle il a paru indispensable de dépasser les qualifications de droit commun.

Le crime contre l'humanité est la négation de l'humanité contre des membres d'un groupe d'hommes en application d'une doctrine.

Ce n'est pas un crime commis d'homme à homme, mais la mise à exécution d'un plan concerté pour écarter des hommes de la communauté des hommes. [... 1 On distingue ce qui singularise le crime contre l'humanité des autres crimes: il est commis systématiquement en application d'une idéologie refusant par la contrainte à un groupe d'hommes le droit de vivre sa différence, qu'elle soit originelle ou acquise, atteignant par là même la dignité de chacun de ses membres et ce qui est de l'essence du genre humain. Traitée sans humanité, comme dans tout crime, la victime se voit en plus contestée dans sa nature humaine et rejetée de la communauté des hommes. [... ]

Une seule disposition lui confère [au crime contre l'humanité] un régime [légal] particulier:

il est imprescriptible, c'est-à-dire que ses auteurs peuvent être poursuivis jusqu'au dernier jour de leur vie."(2)

Certains guinéens, grands et petits, éminents ou pas sont connus pour leurs "pas de deux" incessants. Un jour pour, un jour contre au gré des variations de leurs humeurs et fantaisies.

Le non respect du Droit et de la justice est devenu le dénominateur commun du pouvoir, de l'opposition, des intellectuels et autres presses aux ordres ou dite indépendante.

Condamner les exécutants et "oublier" le donneur d'ordres. Les mêmes qui demanderont demain une amnistie sans jugement pour les mêmes motifs de "fraternité et de concorde".

Pour efficacement lutter ensemble, il faut impérativement se dire les vérités, exiger la traduction des criminels devant une vraie Justice et évacuer les zones d'ombre.

Autrement ce serait un marché de dupes.

Thierno A DIALLO

(1) http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/crime.htm

(2) Pierre Truche La Notion de crime contre l'humanité, in Esprit, n°181, 1992

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Source: guineelibre.com

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